Le Canal du Midi, ancien Canal Royal de Communication des Deux Mers, relie Toulouse, sur la Garonne, à Sète, le grand port méditerranéen construit en même temps que lui. La voie navigable de 240 km de long, évite le long détour par le Détroit de Gibraltar soumis aux menaces des pirates barbaresques et des Espagnols.

Principale réalisation technique du XVIIe siècle en Languedoc, le canal, du type à bief de partage, a représenté un véritable défi pour Pierre Paul Riquet, fermier général des Gabelles, qui en proposa l’idée à Colbert et à Louis XIV.

Pour alimenter l’ouvrage en eau par son point le plus haut, au seuil de Naurouze, Riquet a fait capter les ruisseaux de la Montagne Noire pour les conduire à Naurouze par une rigole. Par ailleurs, Riquet fit preuve de beaucoup d’imagination et d’audace pour mener à bien le chantier en un peu plus de 15 ans, entre 1665 et 1681. Réunissant sous le contrôle de Colbert et de ses représentants, une équipe de géomètres très qualifiés et en embauchant des milliers de travailleurs, il parvint à mener à bien l’aventure en construisant un ouvrage complexe comportant de nombreuses écluses, souvent multiples comme l’échelle octuple de Fonsérannes à Béziers.

C’est encore Riquet qui fit construire le premier pont-aqueduc de France (le Répudre) et percer le premier tunnel pour passer sous la colline du Malpas. Pour réguler les eaux excédentaires, de nombreux épanchoirs furent mis en place tandis que Vauban décidait de construire une cinquantaine d’aqueducs et pont-aqueducs pour passer les rivières. Le canal devait apporter la prospérité aux régions traversées mais ce n’est qu’au XIXe siècle qu’il atteint cet objectif, avec le développement du vignoble dont les produits étaient exportés par voie d’eau. Napoléon III porta le coup de grâce au canal en l’affermant à la Compagnie des Chemins de Fer du Midi en 1858.

Si la navigation commerciale s’est arrêtée depuis 30 ans, le classement au « patrimoine mondial de l’humanité » en 1996 lui a redonné une activité avec la navigation de plaisance. Aujourd’hui, de nouveaux problèmes se font jour avec le manque de moyens pour entretenir l’ouvrage géré par l’établissement public des Voies Navigables de France. Le développement du chancre coloré, qui tue les platanes des berges, est une menace sérieuse pour le maintien du classement de l’UNESCO.