L'INVENTAIRE

Patrimoine culturel

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LES VITRAUX

L’inventaire des vitraux anciens de la Région Languedoc-Roussillon s’inscrit dans une vaste opération nationale - le Recensement des vitraux anciens de France - dont le but est d’identifier, d’étudier et de faire connaître les verrières antérieures à la Révolution française. L’opération, menée par Michel Hérold, Conservateur général du patrimoine, s’est déroulée au cours de l’année 2012 et dans les neuf premiers mois de 2013. Elle s’est appuyée sur des recherches documentaires approfondies, suivies de campagnes d’analyse et de photographie des œuvres sur le terrain. Une centaine de vitraux ont été étudiés, répartis sur trente sites.


Les plus anciennes verrières conservées dans la Région datent de l’extrême fin du XIIIe siècle. Elles se trouvent dans le chœur de la cathédrale de Béziers et dans la baie d’axe de l'ancienne cathédrale Saint-Nazaire et Saint-Celse de Carcassonne. Mais les œuvres les plus nombreuses, celles qui forment les ensembles les plus cohérents, ont été réalisées dans les trois premières décennies du XIVe siècle pour des édifices majeurs : la cathédrale de Narbonne (chœur), Saint-Nazaire de Carcassonne et Saint-Michel de Carcassonne. C’est la période la mieux représentée dans la Région. La fin du Moyen Âge est illustrée par des verrières plus isolées, comme celle du chœur de l’église de Cruzy. Les œuvres du début du XVIe siècle forment parfois de petits groupes, comme celle des baies hautes de la cathédrale de Narbonne réalisées en 1515 par Christophe Fabre. Légèrement plus tardives, les deux verrières offertes par les évêques Pierre d’Auxilhon (1497-1512) et Martin de Saint-André (1521-1546) dans l’abside de Saint-Nazaire de Carcassonne ont bénéficié de moyens financiers importants et ont été exécutées très richement. Aucune verrière des décennies suivantes n’est ensuite conservée avant le XIXe siècle : faut-il comprendre cela comme la fin précoce d’un goût et d’un métier, ou attribuer ces lacunes à la masse des destructions, particulièrement importantes au temps des Guerres de religion ? Le vitrail civil n’est pas oublié, représenté notamment par les prestigieux fragments du début du XIVe siècle (?) découverts en fouilles au palais des Rois de Majorque de Perpignan.


Cette exploration de verrières encore peu étudiées et jamais publiées dans leur totalité apporte également des données importantes pour l’histoire des restaurations. Les baies du chœur de la cathédrale de Béziers montrent comment les chanoines du XVIIIe siècle désireux de bénéficier de plus de lumière, ont fait découper et remonter suivant une trame nouvelle les diverses composantes du vitrage de l’édifice. La restauration des vitraux de Saint-Nazaire de Carcassonne est l’illustration exemplaire du travail des cartonniers et peintres verriers actifs sous l’autorité de Viollet-le-Duc.


Plusieurs chantiers d’exception du XXe siècle ont fait l’objet d’une attention particulière ; celui de Fontfroide compte parmi eux. Le parcours de Richard Burgsthal (1884-1944), pianiste, peintre, maître de verrerie et peintre verrier, soutenu par Gustave Fayet, est en tous points hors normes. Le décor du château Laurens à Agde a attiré l’attention pour son extravagant décor, auquel participent des vitraux dessinés par le décorateur parisien Eugène Simas et exécutés par Théophile Laumonnerie peu avant 1900. La chambre de Commerce et d’industrie de Montpellier possède un surprenant ensemble de vitraux de Jacques Gruber, qui souligne l’ampleur du rayonnement de l’atelier qui s’est illustré au temps de l’Ecole de Nancy.