L'INVENTAIRE

Patrimoine culturel

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Pour mieux comprendre le patrimoine industriel

 A partir de l'analyse des archives et du bâti, l'étude du patrimoine industriel vise à restituer un espace et des techniques de production.

 A cause de la désindustrialisation et de l'évolution des moyens de production, les sites étudiés sont souvent vidés de leur équipement. Si l'idéal reste « d'étudier en symbiose l'enveloppe et son contenu », face à ces « coquilles vides » la mise en œuvre de l'inventaire du patrimoine industriel est plus ardue : « en pratique, il convient de situer virtuellement dans l'espace les moyens de production dont on sait qu'il les a contenus » (Denis Woronoff).

 

Les fonds techniques permettent d'appréhender la réalité d'un espace de travail et de matérialier les circulations des hommes et des matériaux, la taille des machines et la disposition des postes de travail.

 

Pour cela, le chercheur consulte des documents techniques originaux : catalogues de vente de machines-outils, modes d'emploi, consignes de sécurité, relevés d'architectes et d'ingénieurs... Lorsque ce type de documents n'a pas été conservé, le chercheur a la possibilité de les créer à partir de témoignages oraux ou écrits. Le cartographe transpose alors, dans un espace plan, la localisation des machines, la distribution de la chaîne opératoire ainsi que l'évolution des espaces de production dans le temps.

La tannerie Valeix à Bédarieux

Dès les années 1890, des ateliers de mégisserie sont implantés dans l'ancienne usine de draps « Sicard et Prades ». Ils sont gérés par la société « Condomines et Lauret » en 1914, devenue « E. Lauret et Valeix Gendre » en 1928. L'établissement travaille d'abord pour l'armée, puis fabrique des chaussures de sécurité. L'entreprise achète alors plusieurs machines « Turner » du constructeur américain The Turner Tanning Machinery Cie, installé à Paris dès les années 1920. La tannerie Valeix, encore en activité, fait partie des 16 dernières tanneries françaises. Depuis les années 1980, Jacques Valeix s'est orienté vers le tannage végétal de peaux françaises et européennes pour la maroquinerie, la sellerie, la podologie et l'artisanat.

Le travail des cuirs se fait encore sur certaines machines Turner. Le ponçage des cuirs est réalisé sur une de ces machines. La surface des cuirs est grainée ou imprimée sur une presse hydraulique à col de cygne. Avant d'être vendues, les pièces sont mesurées grâce à une machine Turner aussi précise qu'une machine à mesurer électronique.

On retrouve ces machines et leurs caractéristiques dans un catalogue diffusé par l'entreprise The Turner Tanning Machinery Co en 1949 dont un exemplaire est conservé au musée de Millau.

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