Le bassin houiller de Graissessac

 

L’emprise des gisements houillers s’étend sur une douzaine de communes du nord-ouest de l'Hérault. Jusqu’à la fermeture des travaux souterrains au cours des années 1950, puis celle des découvertes en 1993, 30 millions de tonnes de charbon ont été extraites de cette zone.

En 2010 et 2011, le Parc naturel régional du Haut-Languedoc a mené l’inventaire du patrimoine minier de cet ancien bassin houiller, avec deux objectifs :
- améliorer la connaissance du passé minier du secteur de Graissessac
- apporter des outils pour la gestion et la valorisation de son patrimoine minier
 
L'étude du patrimoine minier a été menée à partir des archives communales et départementales, des dossiers HBCM de mise en sécurité des galeries et des témoignages des habitants et anciens mineurs.

L'enquête a abouti au recensement de :
- 104 sites d’extraction (entrées de mine et puits) dont 34 présentent des vestiges
- 92 édifices : 4 carreaux miniers, 1 chevalement, 3 bâtiments administratifs, 3 bâtiments servant de lampisterie, vestiaires et douches, 16 cités ouvrières, 11 logements pour cadres, 7 gares, 7 lieux de sociabilité et 4 terrils

Mettre en lumière l’évolution architecturale des sites d’extraction et des bâtiments fonctionnels, des logements ouvriers et des lieux de sociabilité permet de comprendre l’importance de la mine dans le développement industriel et urbain de ces communes.

Les caves coopératives vinicoles



Consultez le site des caves coopératives du Languedoc-Roussillon.

Les caves coopératives doivent être considérées comme les grands témoins de l’Histoire vigneronne du XXe siècle. La région du Languedoc-Roussillon a compté plus de 630 réalisations ; peu d’industries peuvent s’enorgueillir d’un tel corpus.

Le Languedoc-Roussillon, lors de l’avènement de la coopération vinicole et de la construction, en 1905, de la première cave coopérative métropolitaine à Maraussan (Hérault), possédait un vignoble de 428.125 ha qui représentait plus de 25% du vignoble Hexagonal. Différents organismes ont été indispensables à l’émergence puis à la matérialisation du mouvement coopératif vinicole (Services Agricoles, Services des Améliorations Agricoles et du Génie Rural, le Crédit Agricole Mutuel, Syndicats Agricoles). Les intervenants qui ont conçu les bâtiments du réseau coopératif vinicole, en cas de perception de subventions de l’État par les sociétés coopératives, devaient être agréés par les services du Génie Rural. Parmi-eux peuvent être cités : Paul Brès, Henri Floutier, Edmond Leenhardt, Louis Pierredon, Joseph Rouquier et René Villeneuve. Pour la décoration de certaines de leurs caves, ces architectes ont fait appel à des sculpteurs issus de la région. 22 caves sont décorées par une œuvre qui peut être considérée comme majeure. L’exécution de ces 22 réalisations est pratiquée par 11 artistes dont 8 sont identifiés : Maurice Caralp, Armand Pellier, Paul Guery, Marcel Le Louët, Clair André, Roger Mimieux, Arthur Saura, et Jack Salindre.

L’économie vinicole face à un marché de plus en plus exigeant a connu de multiples crises nécessitant sans cesse de nouvelles adaptations qui ont abouti à une restructuration sévère pour ne pas dire un démantèlement du réseau communautaire. De nombreuses caves coopératives ont déjà disparu ; d’autres, ayant perdu leur activité attendent leur reconversion quand ce n’est pas leur démolition. L’idée d’un patrimoine industriel a pris corps au début des années 1980, cependant la première cave coopérative à être classé (Maraussan) ne le fut qu’en 2001. Ces grandes bâtisses sont détentrices de ce qui fut une véritable épopée, un formidable élan social dans lequel fut placé l’espoir de nombreux petits propriétaires. Fruits d’une expression architecturale plurielle qui voit la présentation de l’édifice assujettie à la notion de ruralité et de son rapport au vin, les caves coopératives sont un pan important de ce patrimoine industriel qui mérite d’être sauvé et valorisé.

Les distilleries coopératives de l'Hérault

 

Dans le cadre de l'étude sur les caves coopératives, les distilleries coopératives de l'Hérault ont fait l'objet d'un inventaire mené entre 2009 et 2010.

Depuis 1905 et la création de la première distillerie coopérative à Lespignan, 112 distilleries coopératives ont été fondées dans l'Hérault. 5 sont encore en activité. Sur cet ensemble, 94 distilleries ont fait l'objet de dossiers.

Cette étude a permis d'établir une typologie architecturale, déterminée par la quantité de matière première à traiter, marcs, lies et vins. Ainsi, on identifie :
- de petites unités, bâtiments d'un seul tenant s'inspirant de l'architecture du chai privé, qui regroupent l'ensemble des phases de production
- des unités moyennes, bâtiments rectangulaires réguliers à corps, dont le corps central abrite les colonnes de distillation (Autignac, Capestang, Saint-Chinian)
- de grandes unités, ensemble de bâtiments hors œuvre dont la particularité est de traiter l'ensemble des sous-produits de la viticulture pour la production d'alcool industriel mais aussi de tartres, d'huile de pépins, de polyphénols, d'engrais, d'enthocyanes et de colorants alimentaires (Frontignan, Olonzac)